Publié le 21 juin 2026 — par Céline Pla
Midjourney, l’outil que beaucoup connaissent pour générer des images, vient d’annoncer qu’il se lançait dans la médecine. Le projet s’appelle Midjourney Medical, présenté les 17 et 18 juin 2026. Au programme : un scanner corporel à ultrasons censé imager le corps entier, sans rayons X et sans champ magnétique. L’annonce a fait beaucoup de bruit. Elle mérite qu’on la regarde de près, surtout quand on travaille dans la santé ou le bien-être.
Je l’ai vérifiée avant d’en parler. Elle est confirmée par plusieurs sources sérieuses, dont Engadget, Radiology Business et un communiqué de Butterfly Network, le fabricant des puces à ultrasons utilisées dans le prototype. Donc oui, le projet est réel. Maintenant, voyons ce qu’il est vraiment, et ce qu’il n’est pas encore.
Ce que Midjourney a annoncé
Le fondateur de Midjourney, David Holz, décrit le scanner comme une nouvelle méthode d’imagerie du corps entier. L’idée : on s’immerge progressivement dans un bassin d’eau tiède, un anneau de capteurs envoie des ondes sonores à travers le corps sous tous les angles, et le système reconstruit une image en trois dimensions des muscles, organes, os et graisses.
La marque parle d’« Ultrasonic CT », ou tomographie par ultrasons. Le terme prête à confusion : ce n’est pas un scanner CT classique, il n’y a ni rayons X ni rayonnement. C’est de l’échographie poussée à grande échelle. La promesse affichée est ambitieuse, avec une image dont la qualité serait, selon l’entreprise, comparable à celle d’une IRM sur certains aspects.
L’ambition financière suit : plus de 74 millions de dollars investis selon Radiology Business, une première implantation prévue à San Francisco fin 2027, et un objectif de déploiement massif sur plusieurs années.
Ce que ça change pour toi, pro de santé ou de bien-être
Tu vas en entendre parler. Tes patients, tes clients, tes proches risquent d’arriver avec la version raccourcie : « Midjourney a inventé un truc qui remplace l’IRM en une minute ». Ton rôle, ce sera souvent de remettre les choses à leur place, sans casser l’enthousiasme et sans relayer la confusion.
Quelques repères utiles à garder en tête :
- une annonce de recherche et développement n’est pas un produit disponible
- un appareil sans autorisation réglementaire ne fait pas partie d’un parcours de soin
- la composition corporelle n’est pas un diagnostic
- la qualité « comparable à l’IRM » est une affirmation de l’entreprise, pas un résultat validé de façon indépendante
C’est un excellent cas d’école, en réalité. Il dit quelque chose de plus large sur l’IA et la santé : la technologie avance vite, les annonces vont encore plus vite, et la validation clinique reste le garde-fou. La Haute Autorité de Santé le formule bien dans son cadre sur l’IA générative en santé : oui à l’IA, avec un usage responsable.
Mon avis
Je trouve le projet intéressant, et je me méfie du récit qui l’entoure. Les deux à la fois.
Intéressant, parce qu’imaginer une imagerie moins lourde, sans rayonnement, plus accessible, c’est une vraie bonne question de santé publique. Si ça marche un jour, l’impact serait réel.
Méfiante, parce que le vocabulaire choisi entretient l’ambiguïté. Parler d’« Ultrasonic CT » et se comparer à l’IRM, quand on en est à une dizaine de scans et zéro autorisation, ça crée une attente qui dépasse largement ce qui existe. Et dans la santé, l’attente mal calibrée, ça a un coût.
Donc je garde le projet dans ma veille, je le regarderai évoluer, et je ne le présenterai à personne comme une solution disponible. C’est précisément le genre de discernement qu’on doit cultiver face à chaque annonce d’IA.
Questions fréquentes
Midjourney Medical remplace-t-il l’IRM ?
Non. À ce jour, c’est un prototype de recherche sans autorisation réglementaire. Il ne remplace ni l’IRM ni le scanner médical dans un parcours de soin.
Le scan dure-t-il vraiment 60 secondes ?
C’est l’objectif annoncé. Le prototype actuel demanderait environ 20 minutes par examen.
Y a-t-il de l’intelligence artificielle dans le scanner ?
Selon les informations disponibles, aucun algorithme d’IA n’intervient encore dans le processus d’imagerie, malgré l’origine de l’entreprise.
Quand sera-t-il disponible ?
Une première implantation est évoquée à San Francisco fin 2027, sur de la cartographie de composition corporelle, pas du diagnostic.
Article publié le 21 juin 2026. Sujet d’actualité susceptible d’évoluer rapidement. Sources : Engadget, PYMNTS, Radiology Business, Le Big Data, The Pingouin, Haute Autorité de Santé.
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